A propos d’une promesse de vente non tenue.

L’entreprise Tornos souhaite expulser l’association Collectif pour la culture de l’usine Junker, sans aucune autre justification que l’état de délabrement de certains de ses bâtiments et les frais de chauffage que lui coûteraient notre projet.

Nous faisons ici un historique des efforts que le Collecif a fait pour éviter d’être une charge pour l’entreprise Tornos, ainsi que du cumule de paroles en l’air de sa direction.

Pognon acte 1 En 2008, Tornos rachète le bâtiment dont on louait précédemment les étages et le sous-sol à l’ancien propriétaire (Proma Energie AG) pour 3’000 frs/mois . Alors que nous demandons une garantie sur le long terme, le directeur financier de Tornos à l’époque (Philippe Maquelin) nous explique qu’il ne souhaite ni nous louer, ni nous vendre la maison, mais qu’il peut nous la laisser gratuitement à disposition contre bon soin au moins jusqu’à 2011. La condition est de ne signer aucun contrat et de ne surtout pas payer quoi que ce soit, ce qui nous écarte du droit du bail et permet à Tornos de nous expulser à tout moment. Nous acceptons le deal.

Promesse acte 1 Tout va bien jusqu’en 2010 lorsque, un peu par derrière, le Musée du Tour Automatique contracte une promesse de vente écrite avec Tornos. On va dire à M.Maquelin que l’on pourrait également racheter, mais « Tornos ne peut pas privilégier un mouvement alternatif au dépend d’un musée qui valorise la machine-outil », il peut par contre repousser la vente à fin 2012. Ça fini bien pour nous, car le projet du musée est foireux : le président du Conseil de fondation du Musée du Tour Automatique démissionne le premier octobre 2012. S’ensuit peuflée de séances avec la municipalité et le nouveau Président du Musée, M. Francis Koller, dont le but est de sauver les deux projets. Au cours d’une d’entre elles, Pierre-Yves Müller, nouveau directeur financier, nous fait cette promesse : « Tornos vendra le bâtiment au Collectif aux mêmes conditions qu’au musée».

Pognon 2 La saga se termine le 12 avril 2013 par une conférence de presse à l’hôtel de ville : Le musée abandonne son projet dans l’usine Junker pour déménager dans le forum de l’arc, le Pantographe, grâce à un prêt de la fondation Pays des merveilles, rembourse les 228’000frs investis dans la rénovation de l’annexe nord du bâtiment (dans laquelle le musée stock des machines depuis 2010). Depuis ce jour, on paye 450.- d’intérêt par mois pour un espace que le musée utilisera jusqu’en avril 2015.

Pognon 3 Suite à cela, un arrangement est conclu oralement avec M.Müller en ce qui concerne les frais de chauffage qui fâchent les actionnaires : on ne peut pas les payer car sinon on devient locataire et c’est compliqué, mais en attendant la vente, ils sont cumulés sur une ardoise qui se rajoutera au coût d’achat.

Promesse 2 Donc, on cherche du fric pour racheter, on sollicite la banque alternative (BAS), qui pourrait nous prêter la somme nécessaire, mais qui évidemment a besoin de documents (promesse de vente, état des sols). Nous sollicitons Tornos et recevons quelques documents insuffisants, le (re)nouveau directeur financier M. Luc Widmer, fin novembre 2013, dit qu’il va nous contacter sans proposer de date. Le temps passe, plus de nouvelles.

Promesse 3 La rencontre suivante à lieu le 28 janvier 2014 par « une visite de courtoisie » de M.Carlos Paredes, directeur des opérations (où est passé M. Widmer?) qui ne connaît pas le dossier et tente de nous impressionner « on pourrait vendre la maison pour des millions, on est bien gentils de vous garder ici… » à côté de M. Studer, qui tousse une moue gênée : « ha ben non, ça, on peut pas, sinon on l’aurait déjà fait ». Bref, on parle de vente en droit de superficie, personne ne connaît correctement le sujet, on décide donc ensemble que Tornos se renseignerait juridiquement et nous donnerait des nouvelles…

Pognon 4 Les semaines passent, donc en attendant on décide d’entreprendre les démarches auprès du canton pour obtenir le statut d’utilité publique, en espérant que ça nous aide pour le mécénat privé. Dès qu’on l’obtient en septembre 2014, on envoie un dossier de demande de soutien aux grosses entreprises de l’horlogerie, pétées de thunes : on a que des réponses négatives, elles soutiennent déjà la culture à Roland-Garros.

Promesse 4 On se retrouve en 2015, on écrit le 5 mars directement à M. Walter Fust, actionnaire majoritaire et membre du conseil d’administration, car comme le dossier à été retiré des mains de M. Studer (sans que personne ne nous en informe), nous n’avons plus d’interlocuteur ! Nous demandons à le rencontrer avec la fondation Pays des merveilles pour éclaircir les choses. Réponse par le directeur général, M. Michaël Hauser : « C’est avec plaisir que nous partagerons un échange constructif d’information sur le Pantographe, nous reprendrons contact avec vous dès que possible ». Ha, enfin ! se dit-on.

Promesse 5 Ben non, toujours pas. On réécrit à M.Hauser le 18 juillet en s’inquiétant de la non communication et de l’effritement de notre relation de confiance, on propose que le nouveau directeur financier, Bruno Edelmann, vienne visiter et que l’on puisse faire connaissance avant de rentrer en matière sur le dossier. M. Hauser nous répond qu’en effet ce dernier est notre nouvel interlocuteur et qu’il nous recontactera en août.

Grand final Sans réponse de M.Edelmann, le 18 septembre dernier nous contactons commune, canton, fondation et Tornos, car l’office de la Culture du Canton de Berne souhaite implanter le bureau culturel du projet ARS, un réseau institutionnel basé sur une logique fédérative, dans les locaux du Pantographe. On connaît bien ce projet pour y avoir travaillé depuis quatre ans en tant que membre du comité du Forum Inter-jurassien de la culture qui doit en devenir la structure porteuse.

Tornos répond à cette lettre en invitant le collectif à une « séance d’information » vendredi 2 octobre. Une information simple : Tornos expulsera prochainement le Collectif de l’usine Junker, car elle en a besoin pour son propre usage. Cette décision est « définitive »

0 Comments

Add Yours →

Laisser un commentaire

*