Lettre ouverte : ce que nous n’avons jamais dit.

du collectif pour la culture à tornos et aux pouvoirs politiques

Depuis l’arrangement conclu en 2008, nous avons entretenu une relation de confiance avec les anciens directeurs en charge du dossier, MM Maquelin, Häring et Müller envers qui nous faisons encore preuve aujourd’hui de respect et de reconnaissance (Pierre-Yves Müller au téléphone suite à l’annonce de notre expulsion le 2 octobre : « Non ?! Ils n’ont pas fait ça ? »).

Aujourd’hui, nous comprenons que dans sa situation rocambolesque, l’actuelle direction soit forcée de prendre des mesures radicales, mais ne pouvons accepter que celle qui nous concerne soit destructrice pour la diversité culturelle de la région et vraisemblablement guère salvatrice pour les finances de Tornos.

Nous devrions assister à l’anéantissement de 10 ans de développement d’un idéal concret, incarné chaque jour au Pantographe, sans avoir ne serait-ce que la consolation d’une explication valable ?

La semaine passée, nous avons demandé par mail (annexe 4) à la direction de Tornos de nous recevoir jusqu’au mardi 10 novembre pour trouver un arrangement à l’amiable et ainsi respecter ses engagements, sans quoi nous nous verrions contraints de démentir les déclarations faites à la presse. Nous avons reçu une réponse de Bruno Edelmann lundi 9 novembre : « Le contenu de votre courriel est contesté. Je ne peux que répéter qu’il n’y a eu aucune promesse de vente de la part de Tornos SA. La décision de notre société est aujourd’hui irrévocable, raison pour laquelle je ne vous transmettrai pas les différents documents requis ».

Ayant clairement signalé notre intention dans ce mail, nous communiquons ci-après ce que l’on sait et ce que nous aimerions comprendre.


 

…Bruno Edelmann, directeur financier de Tornos depuis 3 mois, nous annonce notre expulsion après 20 mois de réponses évasives de l’entreprise à nos courriers. Puis il cajole l’opinion publique dans le sens du poil, annonçant des millions de pertes et demandant dans la même journée au Collectif du Pantographe d’être « généreux comme ils l’ont été ».

Soumettre des allégations à la presse, pour scandaliser le peuple en affirmant que l’entreprise nous aurait offert 300’000 frs en dix ans (voir annexe 1), qu’elle nous aurait vendu le bâtiment mais que la vente n’aurait pas eu lieu car nous n’aurions pas trouvé l’argent (voir annexe 2), est digne des plus minables commentaires anonymes de fond de réseaux sociaux, et pas du si fameux « fleuron industriel » que serait Tornos .

Ajouter que c’est à nous d’aller solliciter poliment nos bourreaux de bien vouloir nous aider à nous caser dans un hangar en plein hiver, alors que le conseil d’administration répond à notre demande de conciliation par une lettre d’avocat, là, ça devient pathétique.

Nous n’avons jamais demandé à la direction de Tornos d’être généreuse, le marché conclu en 2008 (mise à disposition du bâtiment contre bon soin) était mutuellement profitable, car pour des raisons qu’elle a toujours voulu taire, (on comprendra plus tard de quoi il s’agit, voir annexe 3) elle a été contrainte de racheter le bâtiment sans en avoir l’utilité.

Nous jugeons hypocrite de jouer la bienfaitrice, après avoir trahi sa parole d’honneur et bafoué notre contrat de confiance. Il faut croire que c’est normal dans le milieu de la finance qui a visiblement perdu toute vertu.

Alors non, on a pas peur de coller trois autocollants, par contre, la direction devrait un peu s’inquiéter pour sa crédibilité. Car nous en savons plus qu’elle sur le sujet qui nous concerne.

Il faut savoir que depuis fin 2013, toutes les visites informelles de la direction et du conseil d’administration au Pantographe (les cravateux sont tout de même curieux de voir l’objet) se sont soldées par le même genre de paroles encourageantes : « la pollution ? Ce n’est pas un problème » (Walter Fust en course d’école avec son conseil d’administration en automne 2014), « oui, oui, il faut juste que l’on trouve un arrangement d’ici la fin de l’année… » (Michael Hauser CEO, visitant les locaux avec Bruno Edelmann, fraîchement nommé CFO, août 2015). Les réponses à nos lettres également : « C’est avec plaisir que nous partagerons un échange constructif d’informations sur le Pantographe. Aussi nous reprendrons contact avec vous dès que possible». (lettre de M.Hauser 12.3.2015) Puis plus aucune nouvelle officielle avant ce fameux échange constructif du 2 octobre :

« vous êtes expulsés, c’est irrévocable, on n’a pas à vous dire pourquoi ».

Merci M. le directeur, votre entreprise est un modèle de cohérence. Bon, il faut dire que vous êtes le bouc émissaire de l’équipe, c’est peut-être le rite d’initiation à la direction des manchots empereurs qui l’exige, allez savoir…

Qui, à la direction ou au conseil, nous en veut personnellement pour que l’entreprise change si brusquement d’attitude ?

Quelle stratégie financière peut justifier notre expulsion et la réaffectation de l’usine Junker en salle de conférence, salle de réunion, cafétéria d’entreprise, pince-cul de luxe pour clients chinois ?

Ah! là, on tient une piste ! (on espère pouvoir écarter le scénario du bâtiment laissé vide, même si on est souvent traités de naïfs) la remise en état de l’usine Junker, un bâtiment classé digne de protection au patrimoine a été estimée à minimum 3 millions de francs par le musée en 2011. Il est évident que le choix d’investir dans ce gouffre à pognon est judicieux vu les finances de l’entreprise. Et ceci alors qu’elle a exigé des ouvriers 3 heures supplémentaires non payées par semaine pendant 8 mois… En même temps, on sait que les histoires scabreuses sont souvent bonnes pour la bourse.

Et les politiques n’osent signaler à Tornos ne serait-ce que leur désaccord face à cette situation, car c’est LE poumon industrielle de Moutier ? Le fait de répondre à notre appel en se protégeant derrière la propriété privée (pour ménager leur conscience ? éviter d’avoir à avouer la gène que suscite l’OVNI culturel qu’est le Pantographe ?) prouve une fois de plus le légendaire courage de l’exécutif de la ville.

Ou alors y a-t-il un certain conflit de pouvoir entre les alternos incontrôlables et M. Le Maire, peu enclin à apprécier que des électrons libres ajoutent trop d’inconnues à son équation “l’offre culturelle de la ville est suffisamment importante”?

Peut-être est-ce sa spectaculaire proposition, lors de la médiation en 2013, qui ne laissait que peu d’options à notre infortunée association – trouver 230’000frs en deux semaines ou être expulsée – puis l’impossibilité pour nous d’obtenir les factures justifiant ce montant auprès du Musée, qui pose problème ? (A-t-il été effectivement investi dans sa totalité dans l’annexe nord ? et si oui, pourquoi ne pas nous fournir les justificatifs alors que nous avons payé ces travaux ?) Que se passerait-il si Tornos refusait de nous rembourser cette somme ?

Quoi qu’il en soit, cette « prudence » impose un état de cessez-le-feu entre commune et canton, causé par les différentes « sensibilités identitaires ». Celui-ci gèle toute possibilité de soutien de la part de l’office de la culture ou de la direction de l’instruction publique du canton de Berne, alors que notre projet interjurassien se fait gentiment « assainir » par la panique d’une entreprise dépassée par les conséquences de 15 ans de stratégie calamiteuse.

Nous rappelons que l’Office de la culture et le Forum interjurassien de la culture souhaitaient aménager le bureau culturel du futur réseau ARS à Moutier, au Pantographe. On peut douter de la faisabilité du projet vu la situation. N’était-ce pas une chance pour la ville ?

Est-ce que l’ « assainissement du porte-feuille immobilier » de Tornos justifie autant de dommages pour la collectivité ?


NON ! Répondons-nous.

Lors du conflit avec le Musée, nous avions déjà reçu une première lettre d’expulsion de la part de Tornos pour fin 2012. Nous avons mené une lutte éprouvante, et obtenu gain de cause. Le Musée à du revoir son projet et nous avons été contraints d’engager 230’000.- sur une promesse de vente orale.

Nous avons déjà prouvé dans ce combat la valeur des activités du Pantographe et l’impossibilité de l’extraire des murs de l’usine Junker. Nous ne tirerons pas un trait sur le passé comme Tornos nous l’a demandé, il est trop facile d’ignorer hier et ne pas assumer demain, c’est la logique de la finance, pas la nôtre.

Quels outrages devons nous accepter de la part d’une entreprise, sous prétexte qu’elle crée de l’emploi ? Nous en ressentons déjà les effets : les membres de la chorale Prévôtoise qui répétait tous les lundis viennent de nous annoncer qu’ils préféraient chercher un autre endroit « car on ne peut rien faire face à une grosse entreprise ». Puis certains détracteurs, aveuglément fidèles au futur-ex principal employeur de la région et incapables de prendre le recul nécessaire à un jugement impartial, crachent leur frustration sur ceux qui « abusent de leur bienfaiteur ».

Nous en sommes heureusement peu affectés car beaucoup d’autres personnes (merci!) et les faits sont de notre côté. Nous croyons (encore!) à une certaine justice sociale et la force est avec nous comme disait l’autre.

Si la sainte propriété privée, le dieu bénéfice et la mauvaise foi d’un pollueur permettent de justifier la destruction d’une structure de création d’intérêt public, sans buts lucratifs et intègre, tout citoyen devrait aujourd’hui se poser cette question : qu’elle culture réservons-nous aux générations futures ?

Pour l’association Collectif pour la Culture

Le Comité

Ondine Yaffi        Gilles Strambini       Danilo Tamasi


Annexe 1 LES CHARGES

A propos des charges offertes : Ce chiffre de 300’000 frs communiqué par la direction est basé sur un calcul complètement erroné :

1. Tornos ne nous « supporte » que depuis 2008, avant ça nous payions 3’000frs de loyer/mois au précédant propriétaire. Ça fait donc seulement 8 ans et pas dix.

2. D’où sort ce chiffre de 30’000 frs par année ? On parle uniquement du chauffage, car côté électricité, Tornos ne nous en a jamais parlé (on se demande pourquoi, peut-être que les cadeaux communaux gênent) et notre consommation est minime. Pour le chauffage, la chaudière commune de l’usine Junker alimente le Pantographe (à 17 degrés pendant 5 mois et uniquement les espaces qui le nécessitent et nous utilisons au maximum les fourneaux à bois) et les locaux de la maintenance de Tornos contigus (à 22 degrés). Nous n’avons aucun décompte détaillé de la consommation respective des deux espaces. Ce calcul repose sur une estimation au m2 basée sur on ne sait quelle tabelle qui n’a aucun rapport avec la réalité. Peu précis pour une entreprise de micro-mécanique.

3. Nous avons toujours accepté l’idée d’assumer entièrement les charges du bâtiment. Tornos a toujours refusé cette proposition afin de contourner le droit du bail, qui impose trop de responsabilités et de frais pour l’entreprise.

4. Suite à sa promesse de vente orale, le CFO de 2013, justement pour éviter les reproches éventuels, nous a proposé de cumuler ces charges sur le prix de vente du bâtiment, ce que nous avons volontiers accepté.

5. Combien vaut la maintenance d’un bâtiment vide ? Il doit de toute façon être chauffé. Vu l’état en 2006, après 8 ans de décomposition, on n’ose pas imaginer ce qu’il resterait de ce monument historique sans notre travail de réfection et l’argent que l’on y a investi en dix ans (en plus des 230’000.- de 2013 pour l’aile nord).

Combien cela aurait coûté par année à Tornos qui ne peut pas le laisser dépérir car il est classé digne de protection au patrimoine ?


Annexe 2 PROMESSE

La direction affirme qu’elle n’ a pas fait de promesse de vente puis qu’elle était prête à nous céder le bâtiment pour 200’000 frs mais que nous n’aurions pas trouvé l’argent dans les délais. Nous en déduisons qu’elle ne reconnaît pas la promesse de M.Mueller car non certifiée par un acte authentique notarié.

Un extrait du PV officiel du groupe de travail du mercredi 30 janvier 2013 Tornos / Musée du tour automatique / Pantographe présidé par la municipalité :

Point 4 a) – Madame Yaffi (Pantographe) demande si le contrat est rompu avec le MTAH, est ce que Tornos est prêt à vendre le bâtiment au Pantographe ? M.Mueller répond par la positive. En effet, Tornos souhaite vendre ce bâtiment et éventuellement les bâtiments annexe qui ont été visité ce matin par les parties, aux mêmes conditions que proposées au MTAH.

Point 4 d) – suite à la dernière séance, M Balzli (Fondation pays des Merveilles) a informé son conseil de fondation des informations à sa disposition. Le conseil est prêt à soutenir un achat éventuel de ce bâtiment, moyennant des expertises d’architecte et ceci au même prix que celui proposé au MTAH. M.Mueller indique que les conditions seront les mêmes que celle indiquées au MTAH.

Tous les mails et courriers échangés avec Tornos prouvent notre volonté de conclure cette vente dès avril 2013.

Nous avons dans un premier temps voulu contracter un prêt bancaire, ce qui s’est vite révélé impossible car Tornos ne pouvait ou ne voulait pas nous transmettre l’analyse de pollution des sols.

Malgré les informations contradictoires de M.Studer qui nous dit en novembre 2013 « être tout seul et ne pas savoir qui de la direction reprendra le dossier », nous avons décidé de nous tourner vers le mécénat privé en visant d’obtenir le statut d’utilité publique pour que les donateurs puissent déduire leurs dons de leurs impôts. Nous l’avons obtenu en août 2014. S’ensuivent des demandes auprès des entreprises horlogères, sans succès, probablement car un dossier ne fait pas sérieux sans documents officiels.

Et si les conditions de vente avaient été soumises à des délais précis, la « fondation pays des merveilles », qui avait clairement signifié son intérêt pour notre projet et le bâtiment, aurait pu soit nous accorder un prêt supplémentaire, soit devenir acquéreur.

En janvier 2014, alors que tout le monde s’accordait sur le fait que la pollution était un problème, nous avons discuté de la possibilité d’un achat du bâtiment en droit de superficie (sans le terrain) avec M. Paredes , un autre membre de la direction. Les juristes de Tornos devaient s’y atteler, là non plus, plus de nouvelles.

C’est donc clairement le manque de documents fournis, les changements à la direction et la communication lacunaire de l’entreprise qui nous en a empêché de devenir propriétaire. La seule chose que l’on puisse nous reprocher est de lui avoir fait confiance et de ne pas avoir insisté pour obtenir un acte authentique.

Il est également regrettable que la municipalité reste bras ballants alors qu’elle a été témoin des engagements de Tornos envers le collectif pour la culture.


Annexe 3 POLLUTION

Nous avons vite compris que le problème est principalement lié à l’absence de document d’analyse des sols. Celle-ci est demandée par l’ordonnance sur l’assainissement des sites pollués du 26 août 1998 (lien), et si elle est positive, elle impose automatiquement des mesures de décontamination du terrain, qui peuvent s’avérer extrêmement coûteuses. La loi n’était pas contraignante jusqu’au 1er juillet 2014, date d’entrée en vigueur de l’article 32dbis de la loi fédérale sur la protection de l’environnement (lien) qui oblige le vendeur-pollueur à garantir la couverture des frais des mesures à prévoir.

La seule trace écrite de ce sujet tabou est un E-mail de M.Studer, le 21 novembre 2013 en réponse à notre demande de promesse de vente notariée pour que l’on puisse se tourner vers le mécénat pour trouver de l’argent, car une banque ne peut pas entrer en matière sans ces documents: « M. Luc Widmer est en soucis avec les problèmes de pollution. Le conseil d’administration (via Ph.Maquelin) l’a rendu attentif à cet aspect. M. Widmer souhaite qu’on en parle ensemble la semaine prochaine. Je te donnerai donc des nouvelles dès que possible».

Évidemment, plus de nouvelles de M.Widmer.

Ceci explique cela.


Annexe 4 DERNIER MAIL DE CONCILIATION

jeudi 5 novembre 2015 16:11 désamorcer une situation contre-productive

Cher M. Edelmann,

Nous venons de recevoir la lettre qui donne réponse à notre envoi du 4 octobre au conseil d’administration demandant de nous recevoir. Bien qu’elle ne réponde pas à notre question, elle vous officialise en tant qu’interlocuteur et sous-entend que vous allez peut-être nous contacter, ce que nous souhaitons vivement.

Comme vous êtes nouvellement arrivé dans cette affaire, nous pouvons comprendre que vous puissiez affirmer des choses inexactes dans la presse, même si nous nous étonnons que, vu les nombreuses lettres et échanges qui ont eu lieu par le passé, vous puissiez de la sorte avancer des chiffres de frais de chauffage erronés, affirmer qu’il n’y aurait pas eu de promesse de vente (QJ 3.11.2015) ou que vous nous auriez laissé une année pour racheter et que nous n’aurions pas trouvé l’argent (télébielingue 4.11.2015).

Cette manière de communiquer par médias interposés ne peut que nuire à votre réputation, vu vos connaissances lacunaires du dossier. Afin de préserver votre crédibilité et celle de votre entreprise, nous vous proposons une fois de plus de rentrer en matière dans une recherche de solution à l’amiable, avant que nous ne développions un démenti incontestable de vos allégations.

Nous vous demandons donc une dernière fois, d’ici à mardi 10 novembre, de nous fournir tous les documents manquants au dossier pour que notre association puisse enfin, comme elle le souhaite depuis 2007 et comme M. Müller, CFO en 2013, nous l’a proposé devant témoin, obtenir un contrat d’achat du bien foncier ou en droit de superficie de l’ancienne usine Junker, car ce n’est rien d’autre que les omissions de Tornos qui ont empêché cette vente.

Liste de documents (certains avaient déjà été transmis à la banque alternative Suisse en 2013, mais nous devons reconstituer le dossier complet) :

– Justificatifs valables (factures) des travaux effectués par le musée dans l’aile nord que M. Koller a dit tenir à votre disposition dans un mail du 26 avril 2015.
– Documents relatifs à l’état de contamination des sols (expertise)
– Extrait du registre foncier avec informations sur les droits de gage (pas plus ancien que six mois)
– Contrat d’achat
– Annonce / Police de l’établissement d’assurance des bâtiments
– Plan de situation/du cadastre
– Contrat de droit de superficie (si droit de superficie)
– Estimation de la valeur commerciale (si disponible)

Nous envoyons également ce mail en copie pour info à M.Winistoerfer pour la municipalité de Moutier qui a conduit le groupe de travail de 2013 et M. Balzli de la fondation pays de merveilles.

En espérant pouvoir nous mettre d’accord et éviter des complications préjudiciables à toutes les parties, nous vous envoyons nos meilleures salutations.

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