ARS : ces députés au grand conseil qui “n’ont rien contre la culture”

Moutier, le 20 Novembre 2015

Lettre ouverte à Samuel Krähenbühl, député UDC de la région de Thoune, porte-parole de la majorité de la commission de la formation opposée au dossier ARS :

M. Krähenbühl,

je me permets de réagir à certains de vos propos relatifs au réseau ARS, lus ce matin dans la presse :

“la population pourrait comprendre notre point de vue si elle était correctement informée”

Qui est mieux informé et peut représenter valablement la population à ce sujet, sinon la grande quantité d’acteurs culturels qui ont été approchés par M.Menghini dans le cadre de son expertise, ou les membres du groupe de travail, panel éclectique des milieux concernés, qui ont rédigé le papier stratégique ? J’ai envie de reprendre exactement la même remarque, mais adressée à vous-même et aux députés qui sont contre un projet soutenu à une quasi-unanimité dans le Jura-bernois.

“nous voulons éviter une nouvelle inflation bureaucratique” et “Le syndicat de communes pourrait bien assumer cette partie du Job”

Suite à la démission en bloc du précédant comité  du Forum Interjurassien de la Culture, dégoutté par l’abandon brutal du Projet CREA par le canton de Berne en 2010, le nouveau, composé de forces vives de la culture régionale, a très étroitement participé à la démarche, en parallèle aux activités artistiques de chacun de ses membres. Ils sont aujourd’hui épuisés et découragés par le manque de prise en considération de leurs efforts.

Les 2 emplois à 70% que ARS prévoit ont pour but d’alléger le lourd travail administratif que nécessite une mise en réseau efficace. Ils sont sollicités par les différentes structures de création et de diffusion, professionnelles et amateurs de la région, pour parer à la difficulté, par manque de temps et de moyens, qu’elles ont à communiquer et mutualiser leurs forces efficacement. Il sera très difficile de trouver les personnes qui ont les qualités requises pour assumer le cahier des charges de ces postes, tant il est exigeant. Le syndicats des communes compterait-il des spécialistes en coordination culturelle, médiation ou communication en son sein ?

“Nous souhaitons que l’on envisage la participation des communes et du Jura”

La LEAC autorise le CJB à financer totalement des projets d’importance supra-régionale. Ce statut est accordé par rapport au rayonnement d’un projet, pas à son financement.
De plus, le réseau ARS est assumé par l’enveloppe budgétaire du CJB, sans surcoût pour le canton. Les soutiens des communes devraient aller aux projets locaux, pas à un réseautage supra-régional. Quant au Canton du Jura, aura-t-il lui aussi la bassesse de refuser l’accès au CREA aux citoyens bernois, en arguant qu’il le finance à lui seul ? J’en doute.

La nécessité de cet outil a été largement prouvée par les multiples études liées au CREA ou au Réseau ARS, ainsi qu’en étant soutenu par – presque – tous les milieux dans le Jura-bernois, alors qu’il n’est rien d’autre qu’une bribe de la part amputée par Le canton de Berne au CREA de 2010. Le fait de le remettre en question une fois de plus en 2015 avec des arguments liés uniquement à l’argent, m’indigne profondément.

Il s’agit ici de générosité et de bon sens.

Si, comme vos collègues des verts-libéraux, vous préférez attendre le vote de Moutier avant de discuter du statut du Jura-bernois, alors comprenez ma révolte, car personnellement, depuis ma naissance il y a trente quatre ans à Moutier, j’attends, spectateur de sa déliquescence, que les problèmes d’appartenance cantonale cessent d’entraver le développement culturel de ma région.

En espérant sincèrement que vous et vos collègues députés saurez tenir compte de ce qui précède lors de la séance du grand conseil de mardi prochain, je vous fais part, M. Krähenbühl, de mes meilleures salutations.

Gilles Strambini, représentant du Pantographe au comité du Forum interjurassien de la Culture, membre du groupe de travail ARS.

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