Journal d’un Dindon…J+7

événements du 9 octobre 2015

Ce soir, Cyre, Crayonne et Tobs, jouent leur pièce « On fait aller ». En fin d’après-midi, les portes du Panto s’ouvrent encore et encore. C’est plus d’une centaine de personnes qui viennent voir la pièce, nous voir, voir le Panto. Une délégation de Fribourg arrive : l’équipe de « la Coutellerie ». C’est une des plus vieilles maisons de Fribourg. Zed l’a rachetée pour y vivre un jour, quand il l’aura rénovée. Voyant la maison vide, quelques jeunes l’ont contacté pour y faire des ateliers : « Aucun problème… et quand je rénove, je garde le 1er étage et vous pouvez occuper le reste de la maison » leur a-t-il répondu. Si plus de gens était comme lui, le monde s’en porterait mieux ! Donc voilà, Zed voulait absolument leur faire voir le Pantographe. Ils sont une dizaine à flâner dans la maison la bouche en cœur et, les yeux incapables de se fixer plus de deux secondes, voyagent d’un émerveillement à un autre. « On pourrait exposer la Coutellerie dans le Pantographe ! C’est énorme… ».

La salle dans laquelle la représentation a lieu est pleine. Il y a des dizaines d’enfants assis parterre, le public se tasse jusqu’à la porte, la pièce est touchante, simple et sincère… inspirée des questionnements qui germent quand on passe du temps au Panto.

Il est juste de vouloir fermer de tels lieux pour ceux qui ont peur du changement. Nous prouvons chaque jour qu’il y a des alternatives au travail à plein temps pour gagner du fric, servant au trois-quarts à l’achat de choses futiles, unique modèle enseigné par ce système.
« Mais si tout le monde faisait comme vous ? » aah nous y voilà.
Tout le monde ne fera pas comme nous, car si c’était la solution de facilité, on ne serait pas si peu. Et quand bien même. Qui peut prétendre avec certitude que le monde ne s’en porterait pas mieux ?

On nous prend pour des « antis », des marginaux… alors que nous sommes en plein cœur de cette société et passons un temps inconsidérable à analyser ses forces et ses faiblesses pour faire ce que l’humain a toujours fait : évoluer, en améliorant sa condition. Si les armes, la pharmaceutique et le fric pouvaient sauver le monde, on aurait déjà constaté une amélioration depuis le temps qu’on les utilise comme remède. Certes, nous sommes en croissance : croissance de la dette de tous les états et des individus, du chômage, du nombre de suicides, de la dépression, des catastrophes écologiques, de la misère, des massacres, des flux de réfugiés, de l’ignorance, de la solitude, …, …

Alors non, nous ne sommes par contre, mais pour à 2000 % : pour que les gens soit considérés quelle que soit leur manière de vivre, pour plus de cohésion et moins d’individualisme, pour que la valeur humaine prime sur la valeur argent, pour que les différences se rencontrent plutôt qu’elles ne s’affrontent par méconnaissance, pour le partage et pour que la société évolue et ne se nécrose pas. Beaucoup de gens nous disent que ce qu’on fait est incroyable : offrir notre temps gratuitement, partager notre espace de vie depuis tant d’années, etc… le plus terrifiant est que cette générosité désintéressée est suspecte pour d’autres : ils pensent que cela cache une arnaque avec abus et profit à la clé. Pour nous, c’est fermer sa porte, ne vivre que pour SA carrière et SA famille, qui est étrange.

Triste monde !

La suite au prochain épisode : J+14