Tornos veut “régulariser” la situation des migrants accueillis au Pantographe ?

Mail envoyé le 5 janvier 2016 à la direction de Tornos :

“Le monde se fissure et lorsque la faille qui vous sépare de l’autre est trop large, tendre les bras ne suffit plus”

Messieurs les directeurs,

En septembre 2015, nous avons contacté le service des migrations du canton de Berne pour mettre des chambres à sa disposition car nous avions eu vent des manques en matière de lieux d’accueils. En vertu des buts de notre association, il est tout à fait normal de proposer égal aide au service des migrations qu’au service de la culture.

En conséquence, l’association asile Bienne et région (ABR) nous a contacté à la mi-octobre pour nous proposer d’accueillir 4 réfugiés afghans puis, peu de temps après, une famille d’Irakiens. Dans l’urgence, ABR ne s’est pas inquiétée de notre situation conflictuelle avec Tornos, estimant que cette affaire concernait uniquement le Pantographe et son propriétaire, avec raison à notre avis.

Nous cohabitons donc depuis bientôt 2 mois avec une dizaine de réfugiés. Actuellement, 9 afghans et un pakistanais. Notre collectivité s’est organisée, partageant repas, sorties, cours de français, accompagnant au besoin les nouveaux venus chez le médecin, etc. Le fonctionnement du Pantographe offre un contexte d’intégration riche et mutuellement profitable.

Une belle histoire qui n’est pas au goût de certains.

Nous avons appris aujourd’hui par des tiers, la prise de contact de B.Edelmann avec la direction du centre de Reconvilier, par laquelle il se plaint de ne pas avoir été informé et brandit la toute-puissante propriété privée pour exiger la régularisation de cette situation.
Il est surprenant que Monsieur Edelmann récrimine une situation qu’il a lui même provoquée : nous discutions régulièrement de nos projets et activités avec tous ses prédécesseurs. Depuis 2006, notre association a accueilli plus de 1000 artistes (et certains, venant de l’étranger !) en résidence sans que jamais, ni Proma Énergie (propriétaire de l’époque), ni Tornos, ne fasse valoir un droit de regard sur cette prestation. Feriez-vous preuve d’autant de préjugés contre les réfugiés qu’envers la culture alternative ?

En plus de vouloir nous expulser sans aucune justification et nous refuser tout entretien, vous avez la bassesse de venir “foutre la merde” (pardonnez le langage, mais il n’y a pas de termes qui conviennent mieux) dans les belles choses que nous tentons malgré tout de faire exister.

La petitesse de vos attaques est proportionnelle à la bravoure de vos actes.

Jusqu’ en 2014, la richesse d’un dialogue constructif, amical et transparent entre les directeurs d’une entreprise de machines outils et leurs homologues d’un centre culturel alternatif a donné naissance à un projet unique, qui mobilise des milliers de personnes. Depuis le 2 octobre dernier, les membres de notre collectif et leurs sympathisants cumulent les sentiments de révolte et d’incompréhension face à vos déclarations mensongères et votre posture hiératique. Aujourd’hui, vous faites déborder le vase.

Nous exigeons que vous cessiez immédiatement vos ingérences et attendons le nécessaire retour au dialogue. Nous vous invitons toujours et encore à convier une séance en présence de toutes les parties concernées par les dommages collatéraux provoqués par votre conduite : la municipalité, la fondation “Pays des merveilles”, l’office de la culture du canton de Berne, le fOrum culture et nous, ce qui devrait être évident.

Dans l’espoir d’une réponse constructive, nous vous faisons part, Messieurs les directeurs, du peu de sympathie qu’il nous reste pour vous.

Le comité du collectif pour la culture

Ondine Yaffi        Gilles Strambini         Danilo Tamasi

Copie à :

– ABR
– presse
– municipalité
– office de la culture
– Pays des merveilles
– fOrum culture
– abonnés

et n’oubliez pas :

SIGNEZ LA PÉTITION : NON A L’EXPULSION DU PANTOGRAPHE

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