Haut les masques ! message des personnes masquées lors de la manif

“Certains ont été choqués de voir des manifestants cagoulés… heureusement que personne n’a renversé une poubelle ou laissé traîner un gobelet de vin chaud !!!”

Voici le message que les vilains masqués (des éco-ANARCHISTES selon les drapeaux qu’il portaient) nous ont transmis….

 

Nous sommes sans visage car nous refusons le spectacle médiatique, car nous sommes tout le monde, car nous sommes partout.

En portant des masques nous montrons que ce que nous sommes est moins important que ce que nous voulons et nous voulons tout pour tout le monde.
Nous masquer est un refus de la représentation individuelle : nos luttes n’ont ni leader ni représentant-e, elles sont par essence anti-hiérarchiques, anti-autoritaires et anti-patriarcales. Chacun-e peut y tenir un rôle égal, sans distinction de sexe ou de provenance. Ainsi nos masques nous rendent solidaires des gens qui ne peuvent pas venir en manif.

Si quelqu’un veut savoir pourquoi on manifeste, des manifestant-e-s, des tracts ou des banderoles l’expliquent.

La contestation ne peut pas toujours se contenter de s’exprimer uniquement dans des limites de modalité imposées par les autorités. Dès lors, aller contre l’Etat c’est rencontrer sa violence : fichage, inculpations, amendes, prison, assassinats.

Dans les manifestations, des policiers-ères en civil se « promènent », des caméras nous filment et des journalistes nous photographient. Nous n’avons aucune envie que la police nous reconnaisse afin de remplir ses fiches et d’étayer ses enquêtes. Nous refusons le fichage policier et nous nous en protégeons.

Certains groupements d’extrême droite ont également pour habitude d’effectuer un tel fichage. Les images sont ensuite diffusées, accompagnées si possible de données personnelles, et font ainsi courir un risque constant aux personnes concernées.

Malheureusement, être anarchiste à notre époque n’est pas anodin dans le monde du travail. L’anarchie est un terme qui est depuis très longtemps galvaudé dans la presse bourgeoise majoritaire, de tel sorte qu’il est devenu synonyme de chaos, de violences absurdes et de meurtres. S’afficher à visage découvert en tant qu’anarchiste peut donc nuire à certain-e-s militant-e-s salarié-e-s.

Pour rappel, le dessein des anarchistes va vers une société de l’entraide fondée sur le principe de la coopération. Une société égalitaire et autogestionnaire qui repose sur la responsabilité des diverses composantes : individus, groupement sociaux, économiques et culturels, et ce dans le cadre du fédéralisme libertaire.

Une société anarchiste, ce n’est pas le désordre, c’est l’ordre – certes différent – sans le pouvoir. C’est la liberté de chacun-e au service de tou-te-s.

Pour en revenir aux manifestations, nous estimons que chaque individu est libre de se masquer ou pas s’il estime que sa sphère privée peut-être mise en danger. C’est un choix personnel qui ne devrait pas être remis en question.

…La société actuelle cherche constamment à nous imposer son image : beau-belle, bronzé-e, mince, propre, branché-e, et dynamique… Et nous, nous sommes tellement moches de l’extérieur, que nous préférons nous cacher. 😉

2 Comments

Énorme faute de communication ! S’il veut se sauver, Le Pantographe n’a pas à se revendiquer en tant qu’avant garde de l’anarchisme mais en tant que lieu culturel, espace de création, et surtout d’harmonie. Ce n’est pas le principe de l’autogestion qui est en jeu, simplement la sauvegarde du lieu !

C’est une erreur de se cagouler lors d’une manifestation, ça contribue à la peur, à la méfiance et la défiance. C’est également une porte ouverte aux dérapages. Il n’y en a pas eu, c’est évident, connaissant le Panto il n’y avait aucune raison qu’il y en ait. Or, quand il n’y a pas de casse, il n’y a aucun moyen légal de réutiliser d’éventuelles photos ou fiches de manifestants.
Alors pourquoi les cagoules ? Provocation inutile !

Jusqu’à présent le Pantographe ne s’est pas caché, il n’a pas avancé masqué. Il faut que ça dure ! La cagoule dans une manif’, c’est une erreur ! C’est perpétuer le cycle de la méfiance, c’est rompre le dialogue, c’est le repli sur soi, bref c’est tout ce que n’est pas le Pantographe !

Cher Pierre-Hugues, votre point de vue est tout autant respectable que celui qui est défendu ci-dessus, qui nous a été transmis par les personnes masquées (nous avons omis de le préciser, désolé) .

On le répète, le Pantographe n’a pas a se positionner dans ce genre de débat car il est un lieu d’échange qui a, entre autres, pour buts de provoquer la rencontre de différents modes de pensée. Par définition, en tant qu’espace autogéré, le pantographe est aussi multiple que le nombre de personne qui s’y impliquent. Pas de pensée unique ici, et c’est bien cela qui fait la richesse et la particularité de ce lieu.

C’est également cela que les organisateurs de la manifestation ont voulu défendre en n’allant pas empêcher qui que ce soit de se masquer ou de brandir des drapeaux (honnêtement, je crois que personne ne s’est posé la question). Les manifestants se représentent eux-même et pas le lieu ou la cause qu’ils défendent ! c’est ça, la responsabilité individuelle !

Personnellement, je n’aurais ni interféré, ni condamné en cas de casse, je ne suis pas responsable des actes des autres, et tant qu’il n’y a pas violence contre des innocents, je ne vois pas pourquoi je devrais défendre la vitrine d’une banque !

Au lieu d’agir, chacun avec ses moyens et à sa manière, on se tire dans les pattes… qui en profite ? Ceux qui ricanent en continuant de générer du pouvoir-pognon sur le dos de la misère humaine.

C’est des cagoules qu’on parle le plus et pas du comportement d’une direction malhonnête et destructrice. S’il vous plaît, élevons le débat avant qu’il ne reste plus que du béton et des miradors!

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