La direction de Tornos et le fOrum culture se croisent dans les couloirs des autorités politiques

Le rendez-vous a eu lieu ce mercredi 3 février à l’hôtel de ville de Moutier. Une excellente initiative des trois destinataires de la pétition : ils ont rassemblé leurs représentants culturels et économiques (conseil municipal : Pascal Eschmann, Maxime Zuber et Marcel Winistoerfer – CJB :Jean-Pierre Aellen et Etienne Klopfenstein – autorités cantonales : Jérôme Benoit et Etienne Maillefer) pour entendre la délégations du fOrum culture (Julien Annoni, Thomas Loosli et Gilles Strambini) puis, juste après, la direction de Tornos (Probablement B.Edelmann et …? ).

Les autorités ont pris acte du dépôt de la pétition non à une expulsion du Pantographe causée par “l’assainissement du porte-feuille immobilier de Tornos” déposé par le fOrum culture, forte de 3023 signatures après décompte officiel. Notre délégation à répondu à plusieurs questions. Entre autres :

Pourquoi le Pantographe n’accepte pas de déménager ? Des projets artistiques tel que le Pantographe ou Usine sonore sont comparables à l’ œuvre d’un peintre ou d’un sculpteur, les murs s’imprégnant du cheminement créatif et relationnel. Ils sont construits en matière temps et générosité et pas en crédits comptables ou mobiliers. Un déménagement provoque la destruction de ces acquis et la potentielle érosion de la passion nécessaire à une reconstruction par les artistes-bâtisseurs.

Qu’elle est l’historique du Pantographe dans ce bâtiment ? En 2006, Le collectif a commencé par louer les deux étages et le sous-sol pour 3’000 frs par mois à l’ancien propriétaire. Lors du rachat par Tornos en 2008 (la pollution est déjà en cause), le directeur financier propose de nous en laisser la jouissance contre bons soins, et refuse toute participation financière de notre part, pour éviter d’avoir à assumer les responsabilités de bailleur. Nous acceptons cette situation éphémère jusqu’à 2013, quand la direction nous propose de racheter le bâtiment. Pour pouvoir trouver l’argent, nous demandons une promesse de vente officielle et l’analyse des sols. Il y a alors des changements au sein de la direction, les documents ne nous sont pas fournis et les rencontres sollicitées par le collectif sont successivement reportées jusqu’au 2 octobre 2015, jour où elle nous annonce notre expulsion.

Pourquoi vous adresser aux politiques plutôt qu’à l’autorité de conciliation ? L’autorité de conciliation est une instance juridique qui précède un éventuel jugement dans le but de trouver une solution à l’amiable. Une telle solution avec le seul poids du collectif dans la balance a été balayée lors de la séance d’information du 2 octobre, quand la direction de Tornos nous informait que seul le conseil d’administration pouvait réviser la décision d’expulsion (suite à notre demande, ce dernier nous a renvoyé vers la direction…). Conscients de la faiblesse de notre argumentaire en langage juridique, nous avons décidé de rassembler le soutien populaire et des acteurs culturels et de nous adresser aux politiques dans l’espoir que Tornos les accepte, eux, comme interlocuteur.

Comprenez-vous que si la commune met le doigt dans cet engrenage, elle risque d’hériter des coûts de dépollution du site ? La procédure de dépollution est déjà entamée et les coûts relatifs retomberont sur le canton si le pollueur n’est pas en mesure de les assumer. Nous ne voyons pas comment un soutien politique en vue du maintien du Pantographe dans l’usine Junker permettrait à Tornos  de léguer ses responsabilités tout en respectant le cadre légal. Dans la pratique, les résultats des analyses ne seront pas disponibles avant deux ans. Dans l’intervalle, si la dépollution est le centre de la problématique, nous sommes convaincus qu’il est possible de trouver d’autres solutions qu’une expulsion sommaire dont les raisons restent obscures.

Suite à cette entrevue, les autorités recevaient la délégation de Tornos, qui, après avoir annoncé que la manifestation et la pétition ne changerait rien, a tout de même répondu par la positive à l’invitation des politiques.

Nous attendons évidemment impatiemment leurs conclusions qui devraient être diffusée demain.

En pièces jointe, la lettre de Michel Zbinden, qui a souhaité exprimer son point de vue à cette séance par la voix de son remplaçant, Julien Annoni.

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Pourvu que les conclusions soient bonnes ou, au moins, que vous puissiez obtenir une médiation ! Ne lâchez rien !

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