Discours de peut-être une Indocile au café du Soleil 12.02.2016

Camille m’a demandé si je voulais faire un discours à la fête des Indociles.
Pitch et Camille sont de ces belles personnes que je connais peu mais aime déjà. Sans réfléchir, j’ai dit oui.

La lune m’a offert deux tournées, de quoi faire couler l’encre. Mais la page est restée blanche. Blanche comme devraient l’être nos hivers si la terre avait su, non pas comment nous faire entendre, mais comment nous faire écouter.

Si elle n’a pas su, comment le saurais-je. Que pourrais-je bien vous dire qui n’ait été clamé des milliers de fois ?
Je ne veux pas écrire des discours moralistes, pas de « Mort aux vaches », « À bas le capitalisme », de « Mort aux cons » qui pour finir sonnent comme des « Mort aux juifs ». Pas de liste de drames suffisamment longue pour que le plus optimiste d’entre nous s’y pende. Pas de responsables à porter à bout de bras sur leur trône de misère, sur lesquels il est plus confortable de pointer le doigt.

Je n’ai rien à vous dire. Vous savez !

Tout ce que je peux vous offrir comme discours conséquent ce sont mes actes.

Suis-je une hippie ? Une marginale, une anarchiste, une alterno, une communiste, une décroissante… ?  Une cacahuète ?
Suis-je même une indocile ?

Ce ne sont que des mots, prisonniers des définitions du Petit Robert et de nos mauvaises interprétations.

Je suis juste moi, tout entière et j’ai simplement refusé de croire aux mensonges dont on bâtit nos cathédrales.
J’ai refusé de croire car je sais, comme vous, qu’il n’y a pas d’hommes plus importants que d’autres, qu’on a pas à être formés, qu’on est pas indépendants, que la terre appartient à celui qui la travaille, que l’argent c’est pas du temps, qu’avoir peur c’est mourir déjà, que la nature humaine n’est pas mauvaise, que ça ne sert pas à rien…
Sinon, le petit moustachu il se s’rait pas fait botter le cul et pis peut être même que tout ce bordel serait finit depuis belle lurette.

On nous dit souvent que ce qu’on fait est incroyable… Je ne fais pourtant rien d’exceptionnel. Je ne fais que me savoir être, avec les autres. Qu’ai-je de mieux à faire ?

Gagner ma vie et grimper sur le podium en écrasant quelques gueules qui, blessées, me traineront à terre à la première opportunité ?
Payer mon tribu à des enfants rois qui ont volé ce qui appartient à tous pour élever les murailles d’un royaume où ils se croient intouchables ?
Je leurs pisse à la raie !

Alors oui, peut-être suis-je un indocile ?

Je n’offrirai pas me reddition aux cyniques, ce ne sont que des fantômes sans honneur. Leurs seules armes sont les lois stériles qu’ils ont façonner à leur image. Leur seul pouvoir est celui que je leur accorde. Aucun !
Je ne sacrifierai pas ma force et mes idéaux sur l’hôtel de la peur, je les garde pour construire un monde à rêver et non à abandonner.

C’est de rage que j’œuvre avec douceur.
Et c’est avec rage que je défendrai le vivant.
C’est tout ce qu’on a, c’est tout ce que j’ai.

Tant que je suis vivante, mes paroles ne seront que l’écho de mes actes, que personne ne puisse dire avec raison : « On ne peut rien faire ! »

Ondine Yaffi

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