Journal d’un Dindon… J+17

événements du 19 octobre 2015

Le cerveau en éveil, mais l’imaginaire encore coincé dans le monde des rêves, j’entends ce lundi matin le bruit de la grille devant la porte d’entrée. Je connais tous les bruits de cette maison et, même depuis mon lit, je sais si quelqu’un entre ou sort, monte au premier ou au deuxième, allume du fez au rez de chaussée etc…

Je soulève péniblement la première moitié de mon corps afin de regarder par la fenêtre de ma chambre, perchée telle une vigie au sommet de la tour de l’usine Junker.

J’aperçois une camionnette DPD sur le parking de notre cher voisin garagiste Rommel, Karl de son prénom. Il nous déteste. Nous avons pu jouir d’une baisse d’animosité pendant ces deux dernières années durant lesquels il a cru, comme nous, que nous allions acheter la maison et donc rester. Mais c’est de l’histoire ancienne, il peut à nouveau s’en donner à cœur joie.
Nous avons enfin reçu ces autocollants.

– Pilou… Piiiiiilooou… Les autocollants, ils sont là !

-Humhhhrrrblleumff…

Je descends voir ça, Pilou va connecter sous peu et me rejoindre. Je suis un peu déçue, ils sont trop transparents et risquent de ne pas se voir sur un fond sombre.

Pilou arrive peu de temps après et me trouve insatisfaite.

– T’façon, t’es jamais contente.

– Non, je suis perfectionniste.

– C’est la même chose non ?

– Je veux en faire un autre.

Je me colle directement derrière mon ordinateur, mais avant de me remettre au graphisme je relance le projet pour les dix ans du Panto. Si on veut faire ce concours et envoyer le dossier dans les temps, faut y aller. Ah les artistes ! Les 2/3 de ceux à qui j’ai envoyé le mail il y a deux mois ne m’ont pas répondu, les 2/3 du tiers de ceux qui l’ont fait m’ont dit « oui, oui, super » mais ne se sont pas inscrit sur le Doodle. De plus j’ai oublié pleins de monde. Pilou crée un groupe sur FB et Dani nous rejoint, la tête rentrée dans les épaules et les yeux en mode radar à cafetière.

-‘lut

– Eh Dani ! On a reçu les autocollants.

– Et moi j’ai fait un groupe « Tiens ! Il y a un stickers du Panto sur… »

– Bon ben il faut montrer l’exemple, lui répondis-je. La Porsche ?

On sort les trois comme des gamins. Et paff la Porsche de fonction du directeur Mornos, une p’tite photo, retour au bercail.

Pendant que j’épluche nos 1500 adresses mails afin de faire une liste des « chouchous » (c’est-à-dire les artistes qui sont venus régulièrement au Panto et qui pensent comme nous que culture et création signifie également partage) à qui je vais renvoyer un mail de relance pour les dix ans du Panto, Pilou essaye toujours de trouver une solution pour la radio, 3ème jour. Si j’ai bien compris, ils veulent pouvoir faire du live et enregistrer simultanément en bonne qualité.

Une fois que j’ai fini les mails, je me lance sur une nouvelle couleur de l’autocollant cœur. Opaque cette fois. Et dans la foulée, je fais aussi une version suisse-allemande. Cela me prend peu de temps, je décide donc d’en créer encore un autre. On a parlé hier soir de faire un bonhomme qui saute de joie avec un schmurtz esclaffé sous un gros marteau et le slogan « Le cynisme est mort, vive le Pantographe ! ». C’est l’occas’ de tester ma nouvelle tablette graphique. Pilou peste sur son ordinateur et Dani masterise le concert de Jbcae.

A quatre heure du matin, les yeux explosés, je suis presque satisfaite de mon dessin. Le bonhomme s’est transformé en petite bonne femme charnue. C’est la première fois que je dessine à l’ordi… j’ai mal aux nerfs optiques.

la suite au prochain épisode : J+18