Tornos constate, menace et révèle. On répond.

En ce joyeux matin du 16 mars, nous recevons une lettre recommandée de la part de Tornos. Le facteur est tout désolé de son rôle de messager de malheur. On le rassure devant un café, ni surprise, ni catastrophe : vu que nous avons refusé de signer sa convention, la direction nous demande de quitter les lieux avec effet immédiat, sous peine d’avoir à entamer une procédure judiciaire.

Le café terminé et après la visite bimestrielle de notre huissier préféré, également navré d’avoir à enquiquiner avec l’habituelle procédure de poursuite des assurances maladies qui s’entêtent à vouloir nous faire enrichir leurs pharmaceutiques actionnaires, nous rédigeons cette réponse, adressée directement au conseil d’administration de Tornos, qui fait la sourde oreille depuis l’annonce d’expulsion du 2 octobre 2015.

Plus tard dans la journée nous avons le plaisir de lire les réponses du directeur général M. Hauser dans le QJ du jour, le journaliste ayant profité de l’annonce des résultats annuels de l’entreprise devant la bourse à Zurich (un bénéfice net de 895’000 frs grâce aux heures supplémentaires non payées des ouvriers) pour demander qu’est-ce qu’ils comptaient faire du bâtiment qui nous abrite : “Une cantine plus adaptée que l’actuelle (!), des salles de vente (?) et de rencontre” (!?). Sans oublier de rajouter : “Nous avons déjà fait une belle contribution culturelle durant ces dix années”. Mmmh.  Encore un qui se prend pour une mère Teresa de la culture. Ses prédécesseurs successifs vendent, rachètent puis nous prêtent un bâtiment délabré et pollué dont ils ne savent que faire et Monsieur joue au président-directeur-généreux en nous expulsant, 8 ans d’entretien, 230’000 balles de rénovation et une procédure de rachat avortée plus tard.

Une belle contribution culturelle. Ça vaudra une plaque commémorative : ci-gît l’entreprise Tornos, bétonneuse d’église, actrice de l’essor puis du déclin économique de la ville, sporadique bienfaitrice puis maîtresse des hautes oeuvres de la culture alternative prévôtoise.

Ha ben voilà, on est fixés. Une cantine et des salles de rencontre…ils se foutent de la gueule du monde.

Les bruits de corridors prévôtois : “ça coûte hyper cher de rénover des vieux bâtiments protégés et ils expulsent le Panto soi-disant pour faire des économies ?”et “ils vont quand même pas les virer pour déménager la cantine qu’ils ont laissé pourrir !”.

Ben si. Et vive la croissance !

Mais non, car ça ne va pas se passer comme ça. Chose promise, chose due. Notre ténacité suit la courbe de leur arrogance.

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