Panto/Tornos-city : on s’est fait couillonner.

Il semblerait que cette fois ci, ce soit la fin des haricots pour notre ambition de faire payer les “nettoyeurs” de notre projet Prévôtois. Alors on vous offre notre point de vue sur l’affaire, à défaut de pouvoir le faire devant la justice.

Vendredi 6 juillet, le président de la fondation “pays des merveilles” (à qui Tornos aurait du rembourser les 228’000 frs de frais de rénovation de l’aile nord de l’usine Junker par le Musée du Tour automatique (MTAH) en 2011 voir notre article du 9 octobre 2015) a enfin été reçu à Moutier par B.Edelmann, directeur financier de Tornos, pour confirmer (ou pas) l’accord proposé à la fondation par Tornos le 7 juin passé, un jour avant la date d’expulsion imposée par la juge (voir notre article du 7 juin 2016).

Cet accord du 6 juillet (voir le document) propose le remboursement de 70’000 frs (moins d’un tiers de la somme totale) à la fondation “Pays des merveilles” et que cette dernière renonce à sa créance envers le collectif. En clair : La fondation offre 158’000 frs à Tornos et le collectif ne peut plus réclamer de remboursement car il ne doit plus rien à personne.

Nous avions demandé à la la fondation de ne pas signer, car ce qu’il se passe entre elle et le Pantographe ne concerne pas Tornos. Nous aurions préféré qu’elle engage une procédure pour essayer de récupérer la totalité de la somme, car Tornos a clairement trahi ses engagements de 2013 (voir notre article du 10 novembre 2015). Mais la situation juridique est ambiguë et la fondation est pragmatique : elle préfère récupérer une partie plutôt que d’engager des frais d’avocat dans un combat dont l’issue est incertaine (elle ne possède, comme nous, aucune “pièce à conviction” solide). Voilà comment la justice devient l’outil de celui qui a le plus de fric.

La fondation a tout de même demandé de biffer le passage concernant l’annulation de notre dette (Tornos nous a déjà piqué notre maison, on voulait au moins garder notre dette). Mais B.Edelmann a refusé, par soi-disant respect de sa parole, car ce serait précisément ce point qui nous aurait convaincu de quitter l’usine le 8 juin ( n’importe quoi, on lui a dit exactement l’inverse le 7 juin ! ). Après avoir essayé d’expliquer la logique de notre mouvement, face à la mauvaise foi du directeur financier, notre (trop gentil) président-bienfaiteur (“Votre direction est trop bête pour comprendre le Pantographe” lui aurait-il dit ) a signé à contrecœur.

En vainqueur satisfait, B.Edelmann n’a pas pu s’empêcher de narguer : “C’est dommage que vous n’ayez pas acheté en 2013, 212’000frs c’était une belle offre”. L’hypocrisie de ces types est rageante. Pour rappel, nous n’avons pas pu acheter en 2013 car la précédente direction avait refusé de nous fournir les documents nécessaires, dont ceux liés à la pollution des sols.

Les valeureux cravateux peuvent sabrer le champagne, ils ont réussi un gros coup : arnaquer 158’000frs destiné à la culture en flouant une fondation qui la soutien et éradiquer un espace de création unique en sont genre. Et ceci pour aménager un “restaurant d’entreprise”, et “éventuellement” des salles de vente et de rencontre, un fitness et un jacuzzi (véridique !).

Walter FUST (dipl.ing.)BOYCOTT!, actionnaire majoritaire de Tornos, peut compter ses millions (env.800, il va peut-être prochainement être admis au club – de moins en moins restreint – des milliardaires). Les sinistres petits magouilleurs à son service, Michael Hauser, Luc Widmer, Carlos Paredes, Bruno Edelmann, Thierry Bergère et François Froté, peuvent continuer de jouer à se la mesurer en jouant à celui qui pisse le plus loin. Ils crèveront probablement tristes et seuls, comme la plupart des gens de leur espèce, si le monde qu’ils génèrent leur survit.

Un triste monde face auquel se dresse celui des alternatives solidaires et réalistes : les projets autonomes et autogérés, entre autres. L’ex Zuber maire peut fanfaronner qu’il a eu raison (mais de manière rétroactive, voir notre article du 8 juin 2016) et se gausser en infantilisant notre combat (dans le QJ du 16 juillet “des gens qui vivaient dans le pays imaginaire, comme Peter Pan. Un constant malentendu avec ceux qui vivent dans le monde réel et ses règles…” et sur son Facebook personnel), il ne fait qu’ajouter une touche de mépris à son habituelle inélégance : notre mode de fonctionnement a toujours gêné ses prétentions d’omnipotence et ses récurrents refus d’entrée en matière dans les multiples dossiers nous concernant ont marginalisé et indirectement condamné notre projet. On espère pour les étudiantEs qu’il fera preuve de plus d’ouverture d’esprit à son nouveau poste de recteur de la HEP-BEJUNE.

Et pour finir, Francis Koller, Président de la fondation du Musée du Tour automatique (et ancien directeur de Tornos) et son prédécesseur Claude Monnerat peuvent souffler, car ils auraient pu être inquiétés par une procédure juridique. Il semblerait qu’aucune des factures que nous réclamions au MTAH (voir courriel du 26 avril 2015) n’ait été soumise à Tornos. Comme justificatif des 228’204 frs soi-disant investis dans la rénovation de l’aile nord, B.Edelmann n’aurait reçu qu’un décompte farfelu (probablement le même que nous il y a trois ans, avec des dons comptabilisés dans débit ?! voir décompte MTAH du 15 mars 2013), ce qui lui a offert une bonne excuse pour refuser le remboursement complet de la somme (“On ne paye que ce qu’on utilise” nous a-t’il justifié). De plus, nous sommes convaincu,e,s, comme beaucoup d’autres, qu’une partie de cet argent a été utilisé dans d’autres buts que celui prévu par le prêt de la municipalité (la rénovation de l’usine Junker)… Donc non seulement on se fait arnaquer 158’000 frs, mais en plus ce fric a été utilisé en partie pour payer les expos ou les salaires du MTAH, voir les 30’000 qu’a couté l’expertise visant à nous expulser en 2012 ? On pourrait se demander si les comptes soumis à l’autorité bernoise de surveillance des fondations sont aussi lacunaires que ceux qui nous ont été transmis, et s’il est normal que dans ces conditions, le MTAH ait obtenu de la ville des prêts sans intérêt pour plus de 500’000 frs et plus de 100’000 frs de subventions en 2015… les citoyen,ne,s de Moutier devraient se poser des questions.

On aurait pu aller en justice, mais pour être plaignant,e il faut être lésé,e. Ce que nous ne sommes plus (du moins au niveau juridique) depuis que l’accord du 6 juillet a été signé. On comprend mieux l’insistance de Tornos à nous défaire de notre dette…

Ils nous ont bien entubé,e,s. On pourrait regretter d’être sorti,e,s de l’usine Junker si facilement le 8 juin…
…mais on a plus important à faire, on a un nouveau Pantographe à construire… ailleurs.

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