Occupation de la friche industrielle de Bellefontaine à St-Ursanne

Message envoyé au propriétaire, aux autorités et aux médias le 20 septembre à la mi journée

Après avoir recherché pendant 15 mois un nouveau lieu où développer ses activités, l’association « Collectif pour la Culture » décide d’occuper un bâtiment voué à la démolition, sur le site industriel désaffecté de Bellefontaine à St-Ursanne. Cet acte dénonce une entreprise qui n’assume pas ses responsabilités envers le patrimoine bâti, et propose une alternative viable tant au niveau économique que culturel.

En 2005, une dizaine de volontaires fondent l’association « Collectif pour la culture ». Elle loue une friche industrielle à Moutier et y fait naître le Pantographe, cet espace culturel autogéré qui, entre 2006 et 2016, accueille près de 500 événements publics et plus de 1400 artistes en résidence de création.

En Juin 2016, elle est forcée de quitter ses murs, malgré une promesse de vente, malheureusement non notariée, faite en 2013 par le propriétaire TORNOS SA, qu’elle a eu la naïveté de prendre au sérieux.

L’association se rassemble alors au sein de « la Cantine », un projet ami émergeant à Delémont. En parallèle au soutien qu’elle apporte à ce dernier, elle cherche une nouvelle friche industrielle ou rurale pour relancer ses propres activités. Elle écrit à l’ensemble des communes du Jura et du Jura-bernois et aux autorités cantonales en charge de la culture. Quelques rencontres ont lieu, quelques pistes sont parcourues, mais aucun objet ne semble compatible avec le mode de fonctionnement particulier de l’association : la richesse des savoir-faire et le temps de ses artisans-créateurs volontaires se substitue à ses capacités financières. En clair, l’association assume la remise en état et les charges d’un lieu désaffecté et y développe une offre culturelle reconnue d’utilité publique, en échange de sa mise à disposition pour une somme symbolique.

Face au scepticisme des collectivités publiques, l’association se tourne vers le privé. Après avoir repéré une zone à l’abandon pourvue de plusieurs bâtiments en aval de St-Ursanne, elle sollicite début août un rendez-vous auprès du propriétaire, la maison mère de BKW Energie SA (Force Motrices Bernoises). La rencontre lui est refusée et la réponse est sans appel : BKW n’a pas de projet concret, mais ne souhaite ni louer, ni vendre, ni mettre à disposition d’une quelconque manière les bâtiments en question.

Renseignement pris, il semblerait que l’entreprise rejette tous les projets qui pourraient œuvrer à la sauvegarde de ce patrimoine et ne veut pas y investir d’argent.

Un procès intenté en 2015 a repoussé la démolition du bâtiment occupé, considéré comme un des derniers témoins du passé industriel des rives du Doubs par les autorités.

Doit-on laisser ce bâtiment s’effondrer de lui-même, alors que plusieurs entités en ont l’utilité ?

Notre association n’est pas au courant de tous les tenants et aboutissants de l’affaire. Elle invite les parties concernées à un dialogue constructif en vue d’une solution qui puisse, dans la mesure du possible, toutes les satisfaire.

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