Portraits & vœux de ZADistes

Un “Zadiste” c’est un.e paysan.ne, c’est un bac+8, c’est un.e ingénieur, un.e écologiste, un grand père, une grand mère, un.e philosophe, un.e forgeron.ne, un.e migrant.e, un.e laissé.e pour compte, un.e architecte d’éco-construction, un.e naturopathe, un.e boulanger.ère, un.e maraîcher.ère, …, …

Cette série de portraits n’est qu’un tout tout petit aperçu des milliers de personnes venu défendre la ZAD depuis des années ou depuis quelques jours… La plupart, même masqué.e.s, ont peur des objectifs comme de la peste car le gouvernement tente de ficher tout le monde. Il m’a fallu trois jours pour prendre seulement 25 portraits.

Mirza & Padre « Je suis arrivé ici pendant la bataille de César. J’ai tellement aimé les gens d’ici que j’ai pas pu repartir. Je fais la boulangerie le lundi et j’aide à la cantine de la ZAD. Et puis j’ai mon projet, un élevage d’escargots. J’aimerais qu’on s’aime sans lacrymogène ! »

 

Camille « Je ne pense pas que la ZAD soit un modèle, mais c’est un exemple. La ZAD a pris ce chemin par sa géographie et ses occupants. On peut démultiplier les possibles à l’infini. Nous on est l’instance d’un possible et moi je suis pour créer des instances de possibles partout. »

 

Camille « Je représente la jeunesse révoltée. La ZAD représente un monde idéal. J’ai vécu le Larzac. Dans notre société toute lutte ne peut-être que positive, c’est nécessaire. »

 

Marc « Je suis Castillan, je suis anarchiste, écologiste,… J’aime travailler la terre, c’est la vie et la terre que je viens défendre ici. »

 

Léa « Je suis narcoleptique, une maladie incurable. On m’a mise sous dérivés d’amphétamines assez violents. J’ai arrêté d’en prendre et je gère mieux les symptômes depuis que je mange des légumes cultivés en biodynamie et aucune viande. C’est la nature que je viens défendre contre l’industrie pétro-pharma-chimique. »

 

Marie « Je suis venue pour défendre la Zone sur place pour mieux saisir ce qu’il se passe ici. C’est bien plus qu’une lutte contre un aéroport. C’est un combat pour un mode de vie différent, une alternative.»

 

Furtive «  Pour moi défendre la ZAD c’est défendre des luttes féministes, se battre contre le consumérisme et le capitalisme qui ont généré pas mal de torturés qui viennent ici pour retrouver un espoir, se re-sociabiliser. Ce qu’on défend en premier lieu c’est la nature contre le bitume et un avenir respirable. »

 

« Je suis venu sur la ZAD, dans la zone non motorisée, pendant mon année sabbatique. J’ai rencontré des personnes de folie qui m’ont appris tellement de choses. C’est une lutte importante contre tous ceux qui tentent de détruire ce qu’on essaye de créer ici. »

 

Mouman « La ZAD, c’est le symbole mondiale d’une histoire qui lutte pour se réinventer face à une histoire qui se répète. »

 

Camille « Je suis venu défendre un mode de vie. Je suis père et grand-père. Je pense que nos gamins vont pas bouffer des parkings. Et des gars qui se sont battus cinquante ans contre un aéroport et d’autres qui font vivre le lieu depuis dix ans on peut pas les charcler comme des merdes, c’est pas possible! Mêmes les chèvres et les poules ont été gazées… »
Camille « Je défends les lieux autogérés, de résistance. C’est les rares endroits au monde ou les gens pensent vraiment, s’organisent entre eux. Se sont de vrais lieux de vie dans un monde en train de se scléroser, de tendre de plus en plus vers la mort. Il faut se battre pour préserver ces espaces. »

 

Feuille « Je recherche un monde plus en lien avec notre humanité et avec la nature. Un lieu où l’être humain passe avant sa soit-disant rentabilité. Un lieu où l’argent ne soit pas notre guide, notre empereur. Et tout ça je le trouve ici. »
Murielle « Nous sommes la nature qui se défend »

 

Pirate « Humanité libre. »

 

Lazer « On protège un endroit hors normes où on peut faire de l’agriculture hors normes et des expériences sociales. Ici, c’est là meilleure école où j’ai été,… et j’aime pas l’école. On apprend le savoir vivre, savoir être, savoir faire… C’est Libertalia, une enclave où l’on a beaucoup de prise sur notre quotidien. »

 

Camille « J’ai vu des forêts amazoniennes rasées, le business de Monsanto à Adhra Pradesh, l’utilisation en Bretagne de tourteaux de soja pour l’élevage intensif de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats des exploitants agricoles). C’est insupportable! C’est vital de sauver ce qu’il y a ici »

 

Ortie « Je suis venu protéger le bocage, ses oiseaux, une zone d’habitations collective et l’imaginaire de la ZAD.

 

Camille « Les voyages m’ont fait changer mes habitudes de consommation, revenir petit-à-petit à l’essentiel. Avec mes colocs, on aimerait bien trouver une maison en campagne et aller vers plus d’autonomie alimentaire. Je suis venu défendre cet endroit car j’ai envie d’apprendre ici. »

 

Laurent « Je suis venu protéger la liberté. Qu’on rende le pouvoir au peuple. »

 

Nono « Liberté! »

 

L’Ardéchois « Je veux que tout ce qu’il y a ici perdure. »

 

Jean-François « Je suis journaliste à Ouest-France. Ce que j’aime ici ce sont les parcours de vie intéressants et les gens qui ne me font pas un discours, mais me parlent avec leurs tripes. Je ne crois pas en l’objectivité du journaliste. Ce que je veux, c’est être honnête. »

 

Lotus «Anarchisme»

 

Pan « Être dans le moment présent et vivre l’essentiel. »

 

Beth «J’ai vécu sur la ZAD. Vivre l’angoisse de ce qui se passait ici à distance, les amis qui perdaient leur maisons l’une après l’autre, c’était insoutenable. Il y a des petits bouts qui sont nés ici et encore des petits ventres qui s’arrondissent. Une fois ici, mon stress a disparu. Je peux accueillir, aider, remercier. Je prend le temps pour chacun. C’est important de bien les guider car il y a de la violence et il faut tout faire pour éviter la catastrophe. »

 

Photo Ondine Yaffi / expulsion de la ZAD avril 2018

 

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