Pour des transports libres, communs …et sympas

La route tue, pollue, coûte chère et n’est pas marrante du tout. Continuer en 2019 à investir dans le réseau routier et les véhicules motorisés individuels (thermiques ou électriques, c’est kif-kif) est une aberration écologique, sociale, culturelle et très certainement également économique. Une grosse connerie, mais on est toutes et tous tellement polluéEs de l’imaginaire qu’on est plus capable de changer d’habitude. Quand on gueule sur tous ces cons dans les bouchons, ben on oublie que le bouchon, c’est nous aussi. C’est aussi simple que ça.

les analyses de l’office fédéral de la statistique que vous pouvez voir ci-dessus et télécharger plus bas sont affligeantes, les coûts des bagnoles pour les collectivités et l’écosystème sont énormes. Extrait :

Le transport motorisé génère du bruit et des gaz d’échappement. L’ infrastructure routière imperméabilise le sol et morcelle le paysage et les écosystèmes. Des effets néfastes sur la santé humaine sous forme de maladies cardiovasculaires et d’affections respiratoires, sur le sol, sur le climat et sur la biodiversité se font également sentir. Les conséquences négatives du transport routier motorisé privé sur l’environnement et la santé ont entraîné pour la société des coûts socio-économiques de 6,8 milliards de francs en 2015. À titre de prestation compensatoire pour les émissions de gaz à effet de serre produites, les conducteurs de véhicules à moteur ont payé au moment de faire le plein une faible contribution qui a été investie par une fondation privée dans des projets de protection du climat. Les usagers des transports ont pris en charge indirectement des coûts d’environnement à hauteur de 0,1 milliard de francs. La collectivité a dû assumer les 6,7 milliards de francs restants.

Et c’est pas des allumés comme moi qui le disent. Un autre extrait rigolo, lui aussi, pour revenir sur les bouchons :

Coûts d’embouteillage
Les prestations kilométriques du transport motorisé privé de personnes se sont accrues de 18% en l’espace de dix ans et même de 31% par rapport à 1990. Conséquence de l’augmentation du trafic : les embouteillages, en particulier pendant les heures de pointe et les jours fériés. Pour l’année 2015, l’Office fédéral des routes a mesuré 22 800 heures d’embouteillage sur les routes nationales, ce qui correspond à une hausse de 108% par rapport à 2005 (OFROU 2016). Si l’on chiffrait les coûts économiques induits par la perte du temps de travail et de loisirs, on arriverait à une somme estimée à 1,3 milliard de francs (ARE 2019b).

absurde, non ?

Nous proposons donc une alternative toute simple : les transports en communs à prix libre pour toutes et tous, sur l’entier du territoire.

Et ceci à partir de maintenant, car il semblerait que si on continue d’attendre sur le politique, on va pas aller loin (enfin faut voir, deux initiatives sont en cours sur Vaud et Neuch). Il suffit de se faire nos propres billets, à prix libre, en attendant que les CFF modifient les distributeurs. On s’y est déjà mis.

Alors évidemment on va dire que ça va coûter cher et gnagnagna-qui-c’est-qui-va-payer. Ben c’est de toute façon nous toustes, directement ou indirectement, c’est logique et c’est déjà le cas. Du coup, c’est un peu léger comme argument, c’est pourtant le seul utilisé… et qui fonctionne jusqu’à aujourd’hui, car… on a pas d’imagination. Et les capitalistes en profitent, les sordides.

Donc, la vente annuelle de billet et d’abonnement rapporte près de 4 milliards, c’est donc ça qu’il va falloir compenser, car je doute que le prix libre suffise… Bon ben ça va, c’est pas beaucoup 4 milliards, c’est moins que les 5 milliards de l’armée qui sert à rien…

Les essais à travers le monde ont tous montré une augmentation spectaculaire du nombre d’usagers en cas de gratuité, jusqu’à 400% d’augmentation, le plus gros problème étant alors la saturation des véhicules, certaines villes ont dû arrêter car… ça marchait trop bien !

Mais ça fait forcément moins de monde dans les bouchons, et hop : 1.3 milliard gagné comme on l’a vu en dessus !

ET puis en prenant d’avantage le train on pourrait aussi un peu réduire le parc automobile privé (1 voiture par habitant, enfants compris, actuellement!), on devrait pouvoir réduire d’autant les coûts liés à celui-ci, non ? (près de 50 milliards en tout en 2015) Et investir ce qu’il faut dans les communs pour compenser l’augmentation de la fréquentation.

Et si ça suffit pas, ceux qui souhaitent continuer de profiter de véhicules individuels, ainsi que les actionnaires d’entreprises qui font du fric grâce au réseau routier, pourraient soutenir financièrement l’effort de ceux qui choisissent de voyager dans les transports en commun, car comme le dit Monsieur prix, «Le train est devenu trop cher par rapport à la voiture» .

Enfin bref, il n’y a que des solutions. Ci-dessous, plein d’avantages et encore plus loin, un petit mot d’Albert Jacquard suivi de quelques liens intéressants.

  • -+ d’emplois dans la construction et l’entretien des infrastructures / – dans le contrôle des personnes
  • + d’espaces verts / – de parkings
  • + de temps libre / – de stress et de burn-out
  • + de fréquence de train et bus / – pollution sonore et atmosphérique
  • + préservation de l’écosystème / – pillage et gaspillage de ressources fossiles
  • + de rencontres et de convivialité / – de tension et de délinquance
  • + de train/bus remplis / – de bagnoles vides
  • + de visites aux proches / – de barrières sociales
  • + de redistribution des richesses / – de bénéfices pour les actionnaires
  • + d’interactions entre les villes et les campagnes / – de bouchons
  • … on pourrait en trouver encore pas mal.

Voilà. de l’utopie concrète. ça commence demain.

Albert Jacquard a apporté sa contribution au débat sur la gratuité des transports en commun lors d’un entretien à la radio diffusé le 24 septembre 1993 :

« Il faut tout repenser autrement. Un tout petit exemple, un peu pittoresque, j’y pense quand je suis en voiture. Pourquoi est-ce que dans les rues de Paris je peux circuler ? Parce qu’il y a un certain nombre de centaines de milliers de braves gens qui sont sous terre dans le métro. Ils me rendent service en étant là, s’ils n’étaient pas dans le métro, ils seraient dans les rues et je ne pourrai plus bouger, ce serait complètement engorgé. Par conséquent, le métro rend service aux gens qu’il transporte mais il rend encore plus service aux gens qu’il ne transporte pas. Par conséquent, ce service, il faudrait le payer. Par conséquent, c’est parce que je ne prends pas le métro mais ma voiture que je dois payer le métro. Et à la limite on peut dire que le prix du billet de métro devrait-être négatif puisque les braves gens qui descendent sous terre rendent service aux autres en leur permettant de circuler à peu près tranquillement. Alors, à défaut d’être négatif, ça pourrait au moins être nul. Et j’imagine que voilà une action facile à faire qui consisterait à faire payer le métro parisien par ceux qui utilisent leur voiture. C’est juste, c’est économiquement parfaitement justifiable et pourquoi est-ce qu’on ne la fait pas ? On n’ose pas revenir en arrière sur des idées reçues. Ce n’est qu’un petit exemple pittoresque mais je crois que l’essentiel aujourd’hui, sinon on va à la catastrophe, c’est de remettre à plat toutes nos idées reçues. »

Bon voyage libre à toutes et tous !

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