Réponse de Pilou aux blablas de l’avocat tenus dans l’article du Journal de Ste-Croix du 4 mars 2020

En conservant un certain esprit critique, on peut observer ici une quantité importante de demi-vérités et autres sophismes, induits par les avocats du propriétaire (dont le métier est l’enfumage, quand même). Et ceci malgré la volonté d’objectivité et la qualité du travail du journaliste.

On a beau tenter d’expliquer la complexité de la situation et la sincérité de nos actes, ce qu’il en ressort est qu’un pauvre propriétaire (le gentil) est malmené par des squatteurs (les méchants) et que ceux-ci refusent d’entrer en matière par principe.

Demi-vérité 1 : “la confiance fait défaut, vu les méthodes choisies par les personnes présentes sur place”. Le 11 novembre 2019, tout en contactant les autorités et les forces de l’ordre, nous avons écrit au propriétaire en lui proposant de participer équitablement (c’est à dire sans les privilèges que lui donne son statut) à la revitalisation du site. Sa seule réponse, trois semaines plus tard: une plainte en justice. Son seul argument : “je n’aime pas être mis devant le fait accompli”. Comme si on s’en doutait pas… Pourtant, nous n’avons pas fait le choix de l’occupation illégale de manière impulsive, mais plutôt en désespoir de cause. Depuis notre expulsion du Pantographe à Moutier en 2016, le seul projet qui a presque abouti (après 2 ans de procédure) a commencé par une occupation illégale à Saint-Ursanne. Les dizaines d’autres sollicitations auprès de privés ou de communes ont toutes échoué : aucune alternative au modèle dominant n’est éligible, c’est métro-boulot-dodo ou rien. Nous refusons évidemment cette fatalité.

Le bâtiment mis au coucours est le petit en bas : une ruine.

Demi-vérité 2 : “l’idée de trouver une occupation temporaire pour ce lieu est très présent dans l’esprit du propriétaire…”. Ha bon ? pourquoi il n’y pense que maintenant ? Le bâtiment était vide depuis 4 ans, en dehors des ados qui venaient y fumer des clopes. Le gag, c’est qu’il parle exclusivement de la baraque en bois (que nous avons choisi d’occuper pour être présent sur le site discrètement, sans danger et sans gêner personne) et pas du bâtiment principal. Faut-il expliciter son intention ? Oui ? Stratégie de base des puissants, art de la guerre : diviser pour mieux régner. Si par exemple le club de pétanque ou de chasse à courre souhaite y faire un carnotzet et qu’il en est empêché par notre présence, ben on l’aura sur le dos, en plus de la justice, des flics, des autorités et des UDC du village. Trop facile, mais ça marche, certain.e.s tombent dans le panneau et deviennent hostiles. Par pitié les gens, ouvrez les yeux. Vous n’êtes pas des pions, ou bien ?

Demi-vérité 3 : “…comme en témoigne l’utilisation gratuite du site par l’école de cirque “. Le cirque utilise une partie du rez du grand bâtiment comme entrepôt, exclusivement pour stocker son chapiteau et autres palettes, qu’ils doivent protéger de la flotte qui coule du toit. Il n’y pratique aucune activité, c’est bien trop insalubre pour ça! Les conduites de chauffage ont toutes pétées car le gentil propriétaire n’a pas été capable de les tenir hors-gel, les gamins pètent les vitres pour aller jouer dedans, les sous-sols puent l’acide… Situation que les avocats ne connaissent évidemment pas, ils ne se sont jamais déplacés sur place ! Au point d’écrire au cirque en exigeant la restriction de l’accès aux douches (inexistantes) et à l’eau potable (coupée) du bâtiment que celui-ci nous aurait octroyé ! Les mecs, ils planent complètement ! Si aucun loyer n’est demandé, c’est pour éviter au propriétaire d’être tenu par le droit du bail. Ça lui permet également de soigner son image de bienfaiteur et de bénéficier du gardiennage gratuit qu’offre le cirque en échange.

Contre-vérité 4 : “Le collectif pour la culture a insulté M. Jürg Stäubli.” Ou çà ? Ici ? On n’y fait rien d’autre que de constater et poser des questions après qu’il ait refusé de nous parler et foutu une plainte au cul ! S’il se sent insulté c’est qu’on est pas complêtement à côté de la plaque. Quand aux propos de groupes ou d’individus sympathisants véhiculés sur internet : chacun.e est libre de s’exprimer à sa manière.

Contre-vérité 4 : “Ils semblent davantage intéressés par une occupation illicite que par un réel projet intéressant, culturel ou social, pour la commune et la région“. Alors ça c’est le pompon ! Et ça c’est pas insultant ? regardez notre programme actuel (agenda en dessous) avec la pression de l’occupation, dans une baraque pourrie de 150m2, sans eau ni éléctrac. Imaginez ce qu’on pourrait faire dans la grande usine. Regardez ce qu’on a fait à Moutier sur 1500 m2. Un peu de respect pour une décennie d’ouvrage bénévole, c’est trop demander ?

Et voilà je me re-m’énerve. Fuckfuckfuck.

Et pour finir le gars il balance “il faut en outre que le projet ait un caractère culturel ou social novateur”. Un espace de co-working éco-responsable pour investisseurs ou bureau d’avocat, c’est culturel ? Parce qu’on partage volontiers et je pense que Stäubli et ses avocats gagneraient à fréquenter des lieux tel que la BAZ, ça leur sortirait un peu la tête de leur cul.

C’est insultant, ça ? Si oui, je l’assume personnellement, messieurs les avocats.

Pilou

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