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RJB : Sommé de partir, le Pantographe fait la fête

 

Le Pantgraphe célèbre ses dix, envers et contre TornosLe Pantographe célèbre ses dix, envers et contre Tornos

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L’ultimatum n’y changera rien : le Pantographe a décidé de fêter dignement ses dix ans d’existence. Une vingtaine d’artistes ont été invités pour une résidence de trois semaines baptisée l’I.R.E. du Pantographe. Une abréviation qui dénote la colère : mercredi dernier, le collectif a reçu une lettre recommandée de la part de Tornos le sommant de quitter l’ancienne usine Junker sous peine d’ouverture d’une procédure judiciaire. Il ne compte cependant pas s’en aller et veut au contraire étendre son anniversaire sur toute l’année.

Un air de fête ou de fin ? 

Est-ce le moment ou jamais de venir au Pantographe ? « Non », répondent deux des artistes présents, Guillaumarc Froidevaux et Zuzana Kakalikova. « Nous avons déjà fait beaucoup ici et nous avons bon espoir que ça continue ». Le collectif dit placer sa confiance en la justice, tout en sachant qu’une procédure peut durer un certain temps. Il sait qu’ailleurs dans la région, il existe d’autres bâtiments en friche, mais se défend de renoncer au sien. Aux artistes, il a été demandé de ne pas faire de projet, mais de créer spontanément avec les autres. En somme, de ne pas penser à demain. /sca

RJB : PANTOGRAPHE: LES POLITIQUES BOTTENT EN TOUCHE

PantographeZoom sur « Pantographe » (touche ESC pour fermer)

Pantographe (photo: archives)

journal audio 5.2.2016 12h15

journal audio 5.2.2016 18h00

journal audio 6.2.2015 7h00 (à la min 3.30)

Les autorités politiques ne se mêleront pas du conflit entre Tornos et le Pantographe. La municipalité de Moutier, le Conseil du Jura bernois et la direction bernoise de l’instruction publique se sont rencontrés mercredi et ont communiqué vendredi. Ils ont entendu une délégation des pétitionnaires qui soutiennent le collectif culturel expulsé de l’ancienne Usine Junker, propriété du fabricant de machines-outils. Ces derniers avaient déposé une pétition munie de plus de 2’800 paraphes le 9 janvier. Le texte demandait que les politiques s’engagent pour protéger le Pantographe. Tornos a aussi donné sa position par courrier.

Une affaire privée entre un propriétaire et les occupants de son bâtiment

Nous n’avons ni les compétences, ni le droit, ni la légitimité d’empêcher Tornos de jouir de sa propriété. Les autorités consultées sont catégoriques. Elles ne peuvent que constater le caractère privé d’une affaire dont l’issue doit être trouvée sur les plans civils et judiciaires. Pas question, donc, de porter un jugement de valeur. La qualité des prestations du Pantographe est reconnue, tout comme l’importance de Tornos pour Moutier et la région.

Constitution fédérale à deux visages

Dans ces conditions, les politiques disent vouloir éviter une mise en opposition stérile de la culture et de l’économie. Les pétitionnaires invoquaient la constitution fédérale, qui défend la culture, pour faire entendre leur voix. Les autorités répondent que cette même constitution, ainsi que son pendant cantonal, garantissent aussi la propriété.

Tornos désolée pour le Pantographe

Dans son courrier, Tornos rappelle encore une fois que sa décision est irrévocable. L’entreprise déclare « regretter que sa restructuration ne soit pas conciliable avec les activités du Pantographe ». Elle espère que le collectif pourra trouver une autre solution à Moutier. C’est sur ce dernier point que les autorités pourraient jouer un rôle. Elles s’engagent en effet à offrir leurs services au collectif culturel pour l’aider à trouver de nouveaux locaux.

Décéption pour le collectif culturel

Contacté vendredi matin, le Pantographe se dit déçu de cette réponse. Son animateur, Gilles Strambini, constate que l’enthousiasme du canton a sans doute été refroidi par les arguments de la commune de Moutier. Il ajoute que le débat n’a pas été assez poussé. /ast